Les prothèses d'épaule

Complications possibles

  • L’infection (<2%): Un problème infectieux peut survenir après toute chirurgie, mais pour la chirurgie prothétique, c’est le principal risque. Il est lié au fait que l’on met un matériau inerte qui, par définition, ne peut se défendre contre l’infection. Les bactéries peuvent donc se fixer dessus. La plupart des infections sont liés au staphylocoque (doré ou blanc) ou, dans le cas de l’épaule, à un autre germe que l’on appelle Cutibacterium acnes. Ces germes proviennent d’une contamination de la peau du patient vers le site opératoire au moment de la chirurgie. Il est très rare que cela soit des germes exogènes (qui ne soient pas du patient). Cela reste néanmoins des infections associées au soin. Le risque infectieux est un peu plus élevé dans les prothèses inversées que pour les prothèses anatomiques, notamment parce que les patients ont souvent eu des chirurgies antérieures. Les principaux facteurs de risque d’infections sont : le tabac, un antécédent de chirurgie sur la même épaule, l’obésité, le diabète mal équilibré, des infiltrations répétées avant la chirurgie ou dans les deux mois qui précèdent l’intervention.
  • Les complications neurologiques (<2%): Lors de la pose de la prothèse, il peut y avoir des étirements sur les nerfs du membre supérieur. Ils sont également un peu plus fréquents dans le cadre des prothèses inversées. Le plus souvent, ces lésions sont transitoires.
  • L’instabilité : c’est une complication propre à la prothèse inversée. Elle représente entre 2 et 5% des prothèses. Elle concerne surtout des cas complexes de chirurgie de reprise, de fracture ou d’infection.
  • Les fractures de l’acromion sont une complication sphérique de la prothèse inversée (2%). Elles surviennent sur des os fragiles chez les personnes âgées et surtout si il y a trop de tension musculaire sur le muscle deltoïde.
  • Les ruptures de tendons de la coiffe des rotateurs et notamment du subscapulaire. C’est une complication qui joue surtout sur les prothèses anatomiques en dégradant la fonction et entraînant des douleurs. Elles représentent environ 2 à 5% des prothèses anatomiques en post opératoire mais peu survenir par usure comme chez tout le monde sur le temps long représentant alors 10 à 15% des prothèses anatomiques. C’est une des raisons qui fait parfois choisir plutôt l’inversée que l’anatomique à partir d’un certain âge.
  • Le descellement : c’est un problème commun à toutes les prothèses. Ce n’est pas vraiment en soi une complication mais plutôt un risque évolutif possible.
    Que se passe-t-il ? Il y a des contraintes particulières à l’interface de l’os du patient et de la prothèse car l’os et la prothèse ne sont pas les mêmes matériaux. Cette différence de propriété mécanique peut entraîner une usure de l’os autour de la prothèse et progressivement desceller la prothèse de sa zone d’implantation.
    « Une image plus claire et plus simple : celle de la cheville dans un mur. Lorsque vous la mettez, cela tient bien, le mur et la cheville sont « neuf » et rien n’y a été accroché. Puis vous accrochez un tableau. Le temps, le poids du tableau, le fait de le nettoyer… cela crée des contraintes entre le mur et la cheville et plusieurs années après, vous constatez en enlevant le tableau que la cheville en fait ne tient plus très bien (il y a du jeu) voir le tableau s’effondre. C’est un peu le même principe. »

La prise en charge des complications est au cas par cas et le traitement aussi.

L’important comme dit plus haut est de la diagnostiquer sans délai pour pouvoir les prendre rapidement en charge et le mieux possible.

Video 4.